Bilan sur la pollution atmosphérique de la CUB

Bilan sur la pollution atmosphérique de la CUB

Entretien avec Patrick Bourquin, directeur de l’AIRAQ,  17 septembre 2013, dans leurs locaux à Mérignac

Le financement de l’Airaq est assuré par le MEDDE, l’ADEME, les industriels à travers la TGAP, et les membres de l’association (dont en particulier le Conseil Régional d’Aquitaine) . L’Airaq produit des études pour l’industrie, le préfet, les collectivités locales et pour d’autres associations.

Airaq s’intéresse à la pollution et la qualité de l’air extérieur, pas aux émissions de gaz à effet de serre ; il est rappelé que l’air intérieur est généralement plus vicié que l’air extérieur

Les milliers de  données recueillis quotidiennement depuis plus d’une dizaine d’années constituent une banque de données utile pour analyser les pollutions et faire des études prospectives (tests de politiques par exemple).

Deux sources principales de la pollution : la circulation routière, sans oublier les deux roues motorisés, et le  chauffage au bois (les feux à foyer ouvert sont une catastrophe).

La France est régulièrement condamnée par Bruxelles pour le non respect des directives communautaires. Toutefois Bordeaux n’est pas parmi les agglomérations les plus polluées, contrairement à Grenoble, par exemple, très pénalisée par sa géographie

Les grands axes routiers, tels la rocade de Bordeaux, sont de très loin, les plus gros émetteurs de pollution, laquelle s’étale en fonction de nombreux critères (relief, vent, etc …)

Les pollutions les plus préoccupantes actuellement proviennent des particules fines (PM10   et PM2.5) et des oxydes d’azote. Il est maintenant scientifiquement prouvé qu’il existe un lien entre ces pollutions et certaines maladies graves.

 La législation n’impose que le suivi des PM10 mais l’AIRAQ mesure les particules plus fines PM2.5. Leurs effets sont encore mal connus mais on sait qu’elles passent la barrière du sang.

Les normes pour les voitures neuves sont plus strictes et les voitures polluent moins que par le passé mais leur nombre augmente malheureusement. Donc statu quo en termes de pollution totale.

Il faudra du temps pour que le parc automobile se renouvelle.

En France quelques arrêtés ont été pris à l’intention des industriels mais pas de sanction pour les voitures en cas d’alerte à la pollution. On reste au stade des recommandations. Pour que les alertes soient efficaces, il faudrait des mesures contraignantes.

Depuis quelques années, les politiques sont conscients de leur responsabilité (politiques de transports et d’urbanisme), mais il leur est « difficile » d’agir » . Ils sont maintenant passés à autre chose dans leur discours grand public (la transition énergétique) et cela n’augure rien de bon en matière de décision.

La pollution de l’air extérieur n’est pas la seule source d’inquiétude. La qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments est également une préoccupation sanitaire majeure.

Comment peser sur les comportements et les choix des populations ?

Les SRCAE et plans climats ont été établis entr‘autres dans ce but ; toutefois le millefeuilles territorial constitue un lourd handicap dans la coordination des politiques et leur lisibilité.

L’impact sur la santé constitue l’un des arguments les plus efficaces en termes de prévention. L’un des membres les plus actifs de l’Airaq est le Professeur Brochard (université de Bordeaux 2).

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Date de dernière mise à jour : 22/01/2014